La culture écossaise

A. Bouleversement de la culture

Comparativement au 18ème siècle, on observe dans le domaine de la littérature une baisse de la qualité dans tout ce qui était écrit au 19ème siècle. Les poètes essaient d’éviter de critiquer la société qui commençait à devenir de plus en plus urbanisée. Comme il est écrit dans le livre de Jenny Wormald, «Perhaps the impact of industrialization, occurring with greater speed and dislocation than in England, was so traumatic that Scots could not address it directly. […] Some have argued that artistic expression was sublimated into engineering precision»6. Christian Civardi écrit que c’est à cause de l’industrialisation et de l’urbanisation qui était très rapide tout au long de ce siècle, qu’il n’y aura aucun écrivain qui était soit urbain, naturaliste ou réaliste. Dans le livre L’autonomie écossaise : Essais critiques sur une nation britannique, les auteurs rajoutent que la culture en Écosse est défaillante parce que la nation écossaise n’a pas réussi à produire un nationalisme qui serait romantique. Les auteurs en concluent donc à un échec face à la culture écossaise.

B. Le kilt symbole de nationalisme
Avant le 19ème, le kilt et le tartan ont eu plusieurs significations avant de devenir un symbole nationaliste. Comme l’écrit Marion Amblard, le «kilt et tartan étaient encore étroitement associés aux opposants de la dynastie des Hanovre et de l’Union parlementaire. Après l’insurrection de 1745, ils furent même considérés comme des symboles de haute trahison et furent prohibés par le Disarming Act jusqu’en 1782»7. Cependant, c’est seulement dans les régions des Highlands que le kilt et le tartan étaient devenus le symbole représentant leur identité par excellence.
Cette transformation de la signification du kilt a été provoquée par Georges IV. Avant la visite de Georges IV, il n’y a eu aucun Hanovre qui s’était arrêté dans le royaume. Avant cette visite, c’était au tour du monarque Walter Scott à faire son tour en Écosse. Le monarque a organisé, pour l’arrivée du roi, un bal où les habitants des Highlands pouvaient s’habiller soit comme des soldats, soit avec l’habit qui était devenu régional, c’est-à-dire le kilt et le tartan. Après la visite du roi, on associe plus seulement les Highlanders à des soldats, mais on les associe plutôt comme les représentants de toute l’Écosse. Le kilt était un symbole seulement pour les Highlanders et non pour toute l’Écosse parce que les Lowlanders n’avaient pas la même vision du kilt.

C. Mouvement artistique : Art Nouveau

À partir de 1880, un mouvement qui était nommé Art Nouveau devenait de plus en plus populaire en Écosse. Ce mouvement était surtout axé sur les femmes, sur ce qu’elles représentaient. Un des pères fondateurs de ce mouvement, Charles-Rennie Mackintosh, avec ce mouvement artistique, voulait favoriser la condition des femmes dans plusieurs domaines. Les artistes comparaient même la rose à la femme. L’art nouveau a permis aux différents artistes d’exprimer librement tout ce qu’ils pensaient ainsi que d’avoir la possibilité de synthétiser, dans plusieurs œuvres artistiques, leur volonté nationalisme. C’est dans la région de Glasgow que ce mouvement artistique a eu le plus d’influence. Le mouvement qu’il y a eu avait dans la région de Glasgow a même été considéré comme une des plus grandes sources d’inspiration pour la Grande-Bretagne. C’est grâce à la prospérité économique que ce nouveau mouvement a pu évoluer. Comme Jeremy Howard l’écrit, «A prosperous industrial city with a newly confident and wealthy middle class keen to wallow in comfort, convenience and vainglorious expressions of self, appeared ripe for the promotion of the new design movement»8.

Stabilité politique

De 1707 à 1830, l’Écosse n’a pas subit beaucoup d’évolution dans la vie politique. Cependant, en 1830, le gouvernement qui était en place a proposé à la population une réforme. La société a accepté parce que les libéraux ont démontré que l’Écosse avait besoin de changement, tout comme la Grande-Bretagne. C’est avec le schisme de l’Église écossaise que tout a commencé à évoluer parce que celle-ci avait beaucoup d’influence dans la vie politique. En effet, l’Église libre s’associe avec les libéraux parce qu’ils ont peur que le Conservatisme devienne de plus en plus influent au sein de la population écossaise. En 1888, il y a eu la création du Scottish Labour Party, un parti d’orientation britannique, qui n’a pas eu une grande influence sur la politique qui était en place à cette époque.

L'éducation

Du 18ème siècle jusqu’au milieu du 19ème siècle, l’éducation en Écosse se résumait ainsi : il n’y avait qu’une minorité de filles qui y avaient accès et cette éducation était très basique dans les domaines de la lecture, de l’écriture et des mathématiques. En 1865, il y a eu une évolution du nombre d’Églises libres qui avait un rôle dans l’éducation. Comme Houston et Knox l’écrit, «The debate over the denominational teaching of education delayed the compromise on national education. This exacerbated the problem of the many who received elementary education and ensures that Scottish educational policy tended to be derived from practices in England».
Cependant, cet événement n’a pas eu que de mauvaises conséquences. L’Église a entraîné, de 1848 à 1865, leurs professeurs et il a été estimé qu’il y avait environ 570 écoles, ce qui était une grande augmentation comparée au nombre d’avant. Il y a eu aussi, pour les femmes, une amélioration de leur éducation. Comme il est écrit dans le livre de Knox et Houston, «The Scottish universities opened their doors to women in 1892, fifteen years after the University of London»5. De plus, les classes étaient de plus en plus diversifiées. Les étudiants n’y apprenaient plus que la base des mathématiques, de l’écriture et de la lecture puisque après 1843, il y a différents cours de science pour ceux qui venaient de classes sociales plus élevées et on apprenait à ceux qui venaient de classes moyennes, à faire leur début dans le monde de l’industrie ainsi que de faire leur marque dans l’empire.

La religion en Écosse

Religion : schisme de l’Église presbytérienne
Avant le 19ème siècle, l’Église écossaise refusait d’accepter l’influence des autres religions dans leur nation. De plus, il y avait les Episcoliens qui n’acceptaient pas la religion presbytérienne. Mais, moins d’un siècle plus tard, ça ne tarde pas à changer. En effet, puisqu’à partir de 1829, les Espicoliens n’étaient plus à l’opposé de l’Église presbytérienne et que la religion catholique était maintenant acceptée, l’Église presbytérienne n’utilisait pas leur influence pour régler le problème de la pauvreté, mais il s’inquiétait de conserver leur influence avec le pouvoir civil. L’Église a vraiment subi des changements au cours de l’histoire.

Le 18 mai 1843, il y a eu le schisme de l’Église presbytérienne en Écosse. En effet, le Dr Chalmers a décidé de fonder l’Église libre d’Écosse ce qui crée une division de l’Église en Écosse. Il est important de spécifier qu’avant l’immigration des catholiques irlandais l’Église presbytérienne étaient la plus influente. Il y avait environ 90% de la population, avant cette immigration, qui était de cette confession religieuse. «Au XIXe siècle, l’Église [était] à nouveau divisée : les modérés [soutenaient] le patronage ; le parti évangélique des Highflyers le [refusait]»2. De plus, pour Chalmers, les Églises volontaires presbytériennes avaient une dangereuse tendance à évoluer, mais pas comme il le voulait. Son idéal était que l’Église maintient un lien avec l’État, ce qui était contraire aux Églises volontaires presbytériennes. Comme nous pouvons le constater, les idéologies des deux types d’Église étaient extrêmement en opposition. Comme il est écrit dans le livre The New Penguin History of Scotland, «The Disruption provides one vantage point for reviewing the major changes of modernization, industrialization and urbanization which were making Scotland by transforming its civil society, governance and national identity»3. Donc, cette division de l’Église a eu un impact sur leur identité nationale et cette division avait même réussi à la transformer.

L'État libre

Au début du XXe siècle, l’idée d’avoir un pays indépendant et libre de la Grande-Bretagne bat son plein dans la tête des Irlandais. Le peuple avait accumulé du retard sur les pays industrialisés étant donné ces nombreuses. Ils remontèrent cependant la côte avec l’apparition du mouvement féministe qui allait bientôt se doter de plusieurs associations féministes, tout autant nationalistes. Vint aussi l’apparition du syndicalisme. Ce mouvement tombait à point puisque plusieurs Irlandais travaillaient dans des conditions atroces, encore une fois, cette nouvelle tendance profitera aussi au nationalisme.

Les Britanniques tentent de recruter des soldats parmi les Irlandais en temps de première Guerre mondiale. Ils croient qu’ils y auraient ainsi un rapprochement entre les troupes anglaises et le peuple sous leur emprise. Certains Irlandais (surtout du comté d’Ulster) acceptèrent l’offre britannique, mais une autre partie du peuple n’accepta pas du tout le geste des Britanniques et décida de décliner l’invitation. Ces mêmes nationalistes qui refusèrent la main tendue de la couronne britannique attaquèrent le Parlement le 24 avril 1916. Ces derniers étant déjà au pris avec la Première Guerre condamnèrent à mort tous les chefs de la rébellion.


Cette décadence se poursuivit et une fois la Guerre terminée, les Britanniques étaient toujours coincés avec les Irlandais qui revendiquaient une plus grande liberté et une indépendance. Alors que les nationalistes revendiquaient l’État libre, le gouvernement en place tenta de les ramener à l’ordre par la parole et des promesses électorales, mais les Irlandais prirent les armes et commencèrent une autre guerre civile. Voulant éviter le pire, le gouvernement en place s’empressa de doter l’Irlande d’une constitution : l’Irlande était dès lors (1922) un État libre. Finalement, le nationalisme celte avait porté fruit.

Les Rébellions

A. Rébellion de 1867

Une fois les horreurs de la Famine terminée, le sentiment nationaliste irlandais créa un nouveau groupe : les Fenians. Ce groupe militant et révolutionnaire « dont l’objectif premier était certes de prendre une revanche militaire, mais […] présentait également l’importance de l’enjeu culturel » pouvait aussi compter sur une aide bien précieuse et particulière : celle de leurs compatriotes américains. Vu la rigidité des troupes britanniques en Irlande, le mouvement révolutionnaire allait même commencer aux États-Unis et allait se diriger vers le Canada, espérant l’appui canadien. Le tout fut lancé en 1867, et fut un échec comme toutes les autres tentatives antérieures de l’Irlande de se rebeller. « Il n’en demeure pas moins que le Fénianisme allait fortement marquer de son empreinte le nationalisme à venir, tant dans ses rapports avec les États-Unis, que dans son expression culturelle et sa stratégie violente » .

B. Différentes associations visant l’autonomie – Parnell

Suite à la rébellion infructueuse, une association pro-autonome de l’Irlande est créée en 1870 : Home Government Association (sera rebaptisée Home Rule League plus tard). Ce mouvement a pour but d’avoir un Parlement national qui régirait les affaires intérieures de l’Irlande, tout en restant sous la direction du Parlement de Westminster. Elle entra au parlement en 1874. Peu après une technique est mise en place par Charles Parnell (entre autres); elle consiste à faire des plaidoyers qui ne finissent plus. Grâce à cette stratégie nationaliste les Irlandais prennent contrôle du Parlement britannique.
Les conditions de vie dans les campagnes continuent toutefois à déraper et une nouvelle association est créée en 1879 (Land League). Elle défend les revendications agraires et Parnell se fait élire à la tête de l’association tout en restant au poste de commande de l’autre association. Utilisant la force afin de défendre les demandes du Land League, une Guerre des terres se déclenche en 1879 et durera trois ans.


Parnell est dans une position de force et il ne manque pas son coup et renforce le nationalisme irlandais en donnant beaucoup plus de pouvoir au peuple qu’on tentait d’assimilés il n’y a pas si longtemps. Il inspirera la Renaissance gaélique qui redonnera des ailes aux idées séparatistes.

La famine

A. La découverte d’un champignon

Le Phytophtora infestans est un champignon qui provoque la maladie nommée mildiou. Cette maladie s’attaque principalement à la pomme de terre et contamine ainsi les récoltes. L’Irlande n’est toutefois pas gravement touchée et le peuple ne semble pas trop s’inquiéter.
La maladie se propage cependant à fière allure puisque le commerce international est très important et qu’il transporte ainsi les récoltes atteintes et la maladie du même coup un peu partout en Europe. Le gouvernement, par prévention, veut que les Irlandais apprennent à diversifier leur culture et il les oblige à cultiver minimalement le blé, le maïs et la pomme de terre.


B. L’Irlande frappée

1. Pénurie de pommes de terre


Les Irlandais sont durement frappés par la maladie du mildiou qui refait surface en l’an 1846. Les populations plus démunies ne peuvent manger à leur faim ce qui entraînera une baisse de leur santé. Ce n’est donc pas le mildiou qui tue les gens, mais les maladies qu’ils contractent suite à leurs conditions de vie misérables.
Un nouveau groupe, les Jeunes Irlandais, s’inspirait d’une révolution sans violence qui avait été menée en France (d’où la similarité du drapeau respectif des deux nations) par Lamartine. L’idée nationaliste était toujours bel et bien présente. Cependant, la maladie les frappa à nouveau et durera jusqu’en 1850 cette fois-ci.

2. Émigration

L’exode avait commencé avant 1846, mais l’arrivée de la maladie n’a fait qu’accélérer le pas. En effet, de 1846 à 1855, 1 800 000 personnes quittent l’Irlande, principalement dans le but de fuir les troubles agricoles qui s’avèrent meurtriers. Plusieurs s’établiront en Amérique du Nord et la religion aide grandement à leur intégration. Aussi leur haine pour l’Angleterre fait en sorte qu’ils sont acceptés par les Américains et aide l’émancipation d’un nationalisme très puissant : « la haine tenace de l’Angleterre est la caractéristique du nationalisme irlandais-américain » .