La langue bretonne au XIXe siècle

Vers le dernier tiers du XIXe siècle, la République française projette un désir pressant d’un État unique et homogène. Afin de parvenir à cette politique, l’unification du langage courant semble devenir une approche idéale. Ainsi, les écoles primaires et secondaires eurent la charge de détruire tout «patois» et «veilles langues ancestrales», par l’entremise de punition et d’humiliation.

A. L’interdiction du parler breton

Durant la IIIe République, nombreux sont les Bretons qui fuient la misère de leur région pour s’installer dans les grandes villes industrielles. Cet exode urbain expose l’hétérogénie des diverses nations françaises. Effectivement, la plupart des paysans bretons ne savent parler français ou ne le comprennent ; ce qui choque le gouvernement. Dès 1831, l’idée de détruire la langue bretonne se faisait entendre. C’est le début d’une suite de lois et de ripostes contre la problématique culturelle bretonne fortement véhiculée dans les débats vers la fin de ce siècle. En 1897, l’inspecteur d’académie Dosimont relate l’interdiction du parler breton en classe et dans la cour de récréation. L’identité des Bretons est donc ridiculisée et méprisée par les hauts-placés de l’institution publique, où l’on qualifie leur culture comme «barbare» et «niaise» . Ces épisodes ont pour conséquence une prise de conscience de la précarité culturelle bretonne face à la menace de la francisation. Malgré l’approbation des parents bretons face à ce phénomène, qu’ils considèrent bénéfique pour l’avenir de leurs enfants, le problème linguistique n’est pas résolu.



B. La conscience du breton

Face à cette civilisation industrielle, une idéologie nouvelle se révèle par un désir de créer une «Bretagne éternelle». Pour ce faire, la mise par écrit se manifeste. Déjà l’œuvre fut entreprit par les lettrées de la langue bretonne. Jean-François Le Gonidec, fonda en 1805 l’Académie celtique. Comme le cite l’auteur Brekilien : «Il se mit en devoir de fixer le bon usage de la langue bretonne, de la codifier et s’acquitta de cette tâche avec beaucoup d’intelligence et de science ». Les poètes bretons de ce siècle illustrèrent le vent de patriotisme breton qui se faisait sentir de plus en plus. Par le fait même, des écrits s’inspirant du romantisme et du Moyen Âge, décrivant le bouleversement historique de cette Armorique par l’étude de ses origines, dépeint le mouvement d’état de veille du nationalisme breton s’opposant fermement aux valeurs modernes d’une France monopolisante . Or, la mesure d’interdiction de l’enseignement breton reste efficace puisque durant soixante ans, le breton demeurera radié des écoles .

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