La Bretagne du XIXe siècle devient une source d’inspiration pour de nombreux artistes. Qu’ils soient peintres, écrivains ou graveurs, tous qualifient cette région de «terre d’exotisme». M. Mussat souligne le fait que ces œuvres tendent à donner de la Bretagne une image : «plus sensible au pittoresque qu’à la profonde réalité des hommes et des choses, une image qui de cliché en cliché, crée un mythe breton, lequel n’a cessé de peser sur elle comme sur ses visiteurs ». Les coutumes locales ainsi que les paysages lumineux de mers et de ciels séduisent plusieurs maîtres d’art, dont Gauguin, troublé par ce dépaysement. Ce dernier va parfois même adopter les fameux sabots bretons.
Par le fait même, c’est aussi en dehors de la Bretagne, que cette région traditionnelle s’expose : « Des auteurs bretons s’illustrent alors dans les lettres et les arts poursuivant leur cheminement national déjà bien engagé ». La culture bretonne est manifestement présente et, quelque soit le domaine, elle s’affiche fidèlement par le caractère celtique et à la fois propre à leur société traditionnelle et religieuse . D’ailleurs, cette société inspira Jacqueline Rivière et Joseph-Porphyre Pinchon qui illustrèrent une réalité sociale survenue en Bretagne vers la fin du XIXe siècle en créant le personnage Bécassine. Effectivement, charmés par l’effervescence des villes industrielles, les Bretons quittent les campagnes. Or, le regard qu’on leur porte est méprisant et moqueur ; on ridiculise et stéréotype l’essence rurale de la Bretagne face au modernisme de Paris . Bécassine, ce personnage de littérature enfantine, démontre ainsi une façade de l’histoire culturelle de cette région fortement critiqué lors des affrontements de la République laïque.
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